mercredi 9 juillet 2014

L'Attaque des Titans (2013) - Coffret partie I -


Véritable succès commercial sur l'archipel avec un tirage total s'élevant à plus de trente six millions d'exemplaires depuis Avril 2014, L'Attaque des Titans est un shônen - manga pour garçon - scénarisé et dessiné par Hajime Isayama dont il s'agit ici de sa première oeuvre. Ce jeune auteur est pré-publié depuis septembre 2009, lors du lancement du magazine Bessatsu Shônen magazine, de l'éditeur Kôdansha. Ce mensuel vise une tranche plus âgée du lectorat des shônen classiques…

L'adaptation anime en vingt cinq épisodes est confiée au célèbre studio d'animation I.G Production et à l'une de ses filiales Wit Studio. Sa diffusion à la télévision nippone c'est déroulée entre Avril et Septembre 2013.



Il y a environ cent ans, des êtres mesurant plusieurs mètres de haut, nommés les Titans ont presque entièrement exterminés l'humanité, les derniers survivants se sont alors barricadés en créant d'immenses forteresses pour se protéger de ces gigantesques créatures… Un jour, Eren Jäger & sa soeur Mikasa, aperçoivent un Titan Colossale au abord du district Shiganshina, la gigantesque créature détruit la muraille protégeant les humains depuis une centaine d'années, les géants profitent alors de la brèche pour entrer dans la ville, les deux enfants vont être témoin de la mort de leur mère. Le jeune garçon fait alors le serment d'exterminer tous les Titans se trouvant sur son chemin…


Au début du récit, nous nous retrouvons fassent à ces humains enfermés comme du bétail entre ces murs gigantesques, l'humanité vit dans la peur de ces géants absurdes et grotesques, car ces créatures n'existent finalement que pour les dévorer. 

Les civils sont conscients de l'existence des Titans, et ne la nient pas comme cette mère éplorée du premier épisode. La population souffre des conséquences de leur existence, ils se satisfont juste de vivre paisiblement entre les murs tant que ces monstres ne viennent pas les chasser… Est ce une référence à la fameuse phrase de Benjamin Franklin sur la liberté et la sécurité ?! "Ceux qui sont prêts à abandonner une liberté fondamentale pour obtenir temporairement un peu de sécurité, ne méritent ni la liberté, ni la sécurité.

La rupture du mur par le Titan Colossale arrive sans prévenir, après une paix factice de cent ans, cet acte peut être vu comme une métaphore des grands pays occidentaux n'ayant pas connu la guerre chez eux depuis 1945, - voir plus pour les États-Unis -, et finalement, ces états ont une vision de non-réalité bien lointaine, via la télévision, internet alors qu'une menace extérieure peut frapper d'un jour à l'autre sans préavis comme le 11 Septembre 2001, réveillant ainsi les consciences de la population et de l'administration alors en place.

Quant aux Titans avec leur air béat, ils dévorent les humains ou plutôt "les consomment", car finalement ce n'est pas un réel besoin pour eux, c'est un plaisir. Est-ce une représentation des peuples des pays développés qui exploitent des peuples pauvres pour satisfaire leur soif de consommation toujours plus grande ?. 

Malgré un aspect physique et intellectuel limité, les Titans reste assez éloignés de leurs congénères de la mythologie Grecque. L'existence et la venue sur Terre de ces terrifiants colosses restent à l'heure actuelle totalement inconnue par les habitants. La seule information distillée par Dot Pixis est qu'avant leur arrivé, l'humanité se faisait la guerre entre différentes provinces, peuples et religions, mais depuis que ces créatures sont apparues, les humains se sont unifiés dans un seul but commun, survivre.

L'Attaque des Titans traite donc de sous-textes et de thèmes adultes comme "la traite des blanches" et l'esclavagisme sont également évoqués notamment lors du flashback de la jeune Mikasa. Les origines "Asiatiques" de la fille et de sa mère naturelle intéressent ses ravisseurs au plus haut point, car "sa race" est devenue très rare et assez demandée dans les bas fond de la capitale. C'est alors en pleine bataille dans le district de Trost, que Mikasa se remémore ses douloureux souvenirs et cette ancienne blessure psychologique, ainsi la jeune femme ouvre les yeux sur la cruauté qui régit ce monde violent.


La plupart des hautes-autorités aperçues dans cette première partie sont des souverains oisifs, profitant pleinement de la vie et de ces loisirs contrairement aux peuples crevant de faim, à cause des différentes inégalités surtout depuis la chute du mur Maria, mais ces dirigeants ont décidé de sacrifier les nombreux réfugiés pour "une campagne de reconquête" bien sur perdue d'avance. Les richesses sont donc partagées de manière inégale, ainsi un riche notable ou marchand vendu à l'armée prend la priorité par rapport à la plèbe pour s'enfuir des murailles, la population obéissante obtempère sans broncher, de peur des représailles militaires ou simplement de la perte de son emploi.

L'armée justement, lors de la reprise du district de Trost, Rico Bretzenska, fait un laïus culpabilisant à Eren Jäger sur le sacrifice des soldats qui tomberont au champs d'honneurs pour la cause et de la défense de ce qu'il reste de l'humanité, lors de la future mission suicide. 

On peut y voir en sous-texte une réflexion sur la guerre, d'ailleurs ce passage dans le manga fût sujet à controverse notamment en Corée du Sud, le magazine Electronic Times, y voit clairement un message politique et militaire en faveur du premier ministre Shinzô Abe. Également les traits du personnage de Dot Pixis sont inspirés par Akiyama Yoshifuru, ancien général de l'armée impériale, cette révélation entraîna plusieurs centaines de menaces de mort à l'encontre du mangaka. 

Vers la fin de cette première partie, le spectateur fait la connaissance avec Rivaille, un personnage hautement important pour la suite des aventures d'Eren Jäger et ses compagnons d'infortunes. Ce jeune homme fait parti des fameux bataillons d'exploration, ce corps d'armée dont rêve d'incorporer notre jeune héros, épris de liberté en voulant fuir ces épaisses murailles pour découvrir le monde extérieur.


Après un premier épisode tonitruant et de haute volée, - bénéficiant d'un storyboard irréprochable et méticuleux - à la musique pétaradante digne d'un blockbuster. On ressent aisément que l'équipe veut réaliser une production à la portée internationale. Seule petite ombre au tableau, avoir donné la voix d'Eren Jäger à Yûki Kaji, connu pour être le héros de Guiltry Crown et d'Accel World.


Dans la suite des aventures d'Eren Jäger et de sa soeur Mikasa, le déroulement de l'intrigue bénéficie de multiples ellipses plus ou moins bien gérées, un exercice habituellement assez casse-gueule mais la série s'en sort avec les honneurs, grâce à une nouvelle fois à une très bonne mise-en-scène. Même si le rêve avec le père d'Eren rend le passage de la fuite en bateau un peu bancal, l'insertion de la séquence nous montre le jeune garçon un an plus tard. L'enchaînement raté donne l'impression que le gamin vient juste de descendre du navire, le spectateur n'a alors aucune indication sur l'année écoulée. Le fait qu'il découvre la clef autour de son cou renforce cet aspect car elle donne l'impression d'apparaître comme ça par magie…

Bien sûr, l'histoire n'est pas révolutionnaire pour un sous, mais ce shônen apporte sa dose de tension et de vengeance, les scénaristes n'hésitent pas d'ailleurs à abuser de nombreux cliffhanger, digne des séries Américaines. Le troisième épisode quant à lui, apporte même une touche humoristique et de second degré dénotant avec la situation dramatique dans laquelle se trouve acculés les habitants des murs.


Malheureusement au fil du récit, la production opte de plus en plus pour l'économie avec de très nombreux jolies plans fixes, rappelant un peu des Digital Comics de l'ère Playstation 2, mais la production réutilise également des stock-shot. Quant à la 3D, celle-ci s'intègre plutôt bien avec l'environnement 2D, elle montre sont dynamisme lors de l'utilisation de l'équipement tri-dimensionnelle. cette technique d'animation montre enfin qu'elle peut-être utilisée autrement qu'en cache-misère, c'est assez rare pour le souligner. Les lecteurs du manga regretteront un peu le case par case de la mise-en-scène, même si certaines séquences papiers restent inédite dans cette adaptation, 
surtout lors de l'entraiment militaire, l'anime talonne souvent de près le matériel d'origine.

Le character-design de la série respecte plutôt bien le travail d'Hajime Isayama. On retrouve à ce poste Kyoji Asano (Psycho Pass) son travail sur les personnages restent assez proche du trait d'origine, nerveux et dynamique, et l'ajout d'épais contours noir lors des plans fixes apportent une plus value. Quant aux Titans, ceux-ci ont réellement un aspect et un rendu malsains à chacune de leurs apparitions.


Pour la violence, celle-ci se fait généralement hors-champ (accompagné de bruitages et de cris), l'imagination du spectateurs faisant bien sûr le reste, mais les nombreux lecteurs et aficionados du manga crieront évidemment "à la censure", pour ma part ce choix ne me dérange absolument pas, la cruauté des Titans est assez bien retranscrite, ces soldats sur-entraînés tombent comme des mouches lors de leur première rencontre face à l'ennemi, le côté désespéré lors de la prise du district de Trost est vraiment saisissant. Quand aux amateurs d'hémoglobine, ces derniers se rassurent quand même, cette adaptation reste assez cru - avec de jolie gerbe de sang -, par rapport au standard actuel de l'animation Japonaise.

Hiroyuki Sawano, est 
l'un des mélomanes les plus remarqué de ces dernières années dans l'animation japonaise, avec des compositions musicales pour Blue Exorcist, Mobile Suit Gundam Unicorn & Kill La Kill. Pour L'Attaque des Titans, le compositeur arrive à nous offrir des sonorités épiques accompagnées de choeurs, s'adaptant parfaitement à l'ambiance de moyenâgeuse.

Le réalisateur Tetsuo Araki - Death Note, Highschool of the Dead - et ses équipes d'animateurs arrivent à réaliser une adaptation épique du manga d'Hajime Isayama, grâce notamment à de nombreux cliffhangers, tenant en haleine le spectateur. Même si certains épisodes ont de gros creux niveau animation vers la fin de cette première partie, L'Attaque des Titans, bénéficie tout de même d'une mise-en-scène assez solide et spectaculaire… Le spectacle est bien à l'écran, c'est certainement le plus important.




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